Amour & (dé)CONFINEMENT #4 : Petites attentions

Amour & (dé)CONFINEMENT #4 : Petites attentions

Il l’avait. Le verdict était posé, Sébastien avait le Covid-19. C’était un peu embêtant. Il avait mal à la tête, il toussait, il avait des courbatures partout et il était bien évidemment fiévreux. Mais d’après son médecin, il n’avait pas besoin d’aller à l’hôpital, juste de rester chez lui jusqu’à se sentir mieux.

Sébastien savait qu’il l’aurait. Oh, on pourrait dire qu’il était hypocondriaque, ce ne serait pas totalement faux, mais en réalité voilà une semaine que deux de ses patients avaient été diagnostiqués. Il avait été en contact avec eux à plusieurs reprises, il se doutait donc qu’il l’aurait à un moment donné.

Il avait bien sûr prévenu ses parents (qui s’étaient affolés) et ses amis (qui n’y croyaient pas). Par conséquent, il avait eu le plaisir de faire face à deux réactions complètement opposées : la panique et le déni.

Il avait ensuite informé Justine. Ça faisait deux semaines maintenant qu’ils se parlaient tous les jours, et il craquait chaque jour un peu plus pour elle. Sa petite voix intérieure lui disait constamment qu’il était mordu, mais il préférait l’ignorer.

Elle avait relativement bien réagi, presque désinvolte, et rapidement tout semblait être revenu à la normale. Sébastien, lui, l’avait plutôt mal pris. Même s’ils se connaissaient depuis peu, son égo se sentit clairement attaqué lorsqu’elle ne manifesta pas plus d’inquiétude que ça par rapport à son état de santé. Il était un peu susceptible sur les bords.

Mais c’était sans compter sur l’esprit romantique de Justine.

Contrairement à ce qu’avait pensé Sébastien, Justine était très angoissée. Elle s’était beaucoup attachée à Sébastien, très rapidement et alors même qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés. Elle n’aurait jamais pu le deviner. Mais lorsqu’il lui annonça qu’il avait attrapé la maladie dont on entendait le nom tous les jours dans les médias, elle eut une montée de stress assez inattendue.

"Et ça va ? Tu t’en sors ?"

"Je n’ai presque plus rien à manger (j’avais prévu d’y aller cette semaine), mais je vais trouver une solution."

"Tu ne peux pas demander à tes voisins ?"

"Mes voisins de palier sont partis la veille du confinement pour aller dans une grande maison de province (je les déteste)"

"Ah ! Les traîtres !"

"En vrai, je comprends pourquoi ils sont partis, j’en aurais fait autant. Mais bon, tout ça ne règle pas mes problèmes d’approvisionnement… je préfère ne pas demander à mes parents (ils ne sont plus très jeunes, contrairement à ce qu’ils croient)".

Et voilà l’occasion qu’elle attendait !

« Je pourrais aller faire les courses pour toi ? On habite dans la même ville, et puis c’est pas comme si j’avais quelque chose d’autre à faire de mes journées ».

« Je ne sais pas. Tu pourrais tomber malade… »

« Oui, mais si tu ne te nourris pas tu ne vas pas mourir du coronavirus, mais de faim. Allez ! Envoie-moi une liste de courses et ton adresse, je les déposerais devant ta porte ».

Et voilà, le plan de Justine était en marche.

L’échange se fit rapidement, pour éviter qu’il ne la contamine, elle laissa les sacs sur son paillasson et elle repartit, juste le temps de dire bonjour. Dix minutes plus tard quand elle rentra chez elle, elle regarda son téléphone et trouva un message de Sébastien :

« Je suis presque sûr que je n’avais pas demandé de glace Häagen Daz ».

 ” ; ) ”

Le lendemain, elle se rendit de nouveau chez Sébastien, mais cette fois, il n’était pas au courant.

Quand elle fut devant la porte de son appartement, elle l’appela :

"Hey Sébastien ! Devine où je suis !"

"Alors étant donné que nous sommes en confinement pour une durée encore indéterminée, je dirais que tu es chez toi."

"Perdu ! Viens voir dans ton œillet !"

Elle l’imaginait bien train de lever un sourcil (pas deux, juste un. Elle était jalouse, elle n’avait jamais réussi). Elle entendit ses pas qui se rapprochaient, puis l’exclamation qu’il poussa. Elle fixa la porte, sûre et certaine qu’il l’observait.

"Voilà ce que je te propose : on reste chacun de notre côté, à manger de la glace et à se raconter des histoires gênantes… Deal ?"

Il se tut pendant de longues secondes, puis lui répondit :

"Deal !"

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