Mes petites leçons de séduction

Mes petites leçons de séduction

Marjolaine, 26 ans, ne comprend pas l’échec de sa vie amoureuse.

“Je ne comprends rien à la séduction ! Je suis toujours sympa et conciliante. Pas chiante et agréable. Lors de ma dernière histoire avec Florian, je veillais à lui donner des nouvelles, à essayer de me montrer enthousiaste et surtout à être proactive et proposer de nouvelles activités dès le début. Je redoublais d’inventivité pour prendre des initiatives. Et puis il s’est soudain éloigné pour finir par me larguer.” 

Marion, 25 ans a eu du mal à se remettre de son histoire avortée.

“J’ai rencontré Dimitri sur un site de rencontre et tout se passait bien : les premiers rendez-vous étaient magiques. Nous avons commencé à nous fréquenter le week-end, à aller l’un chez l’autre et peu à peu, j’ai baissé ma garde et j’ai eu envie d’être plus spontanée. Au bout de deux semaines et demi, un vendredi matin, je lui ai demandé ce qu’il faisait le week-end à venir. Comme il m’a indiqué être libre, j’ai sauté sur l’occasion pour lui proposer une escapade de deux jours en Bretagne, ma région natale, à compter du lendemain matin. C’était une folie mais j’en avais vraiment envie et je me suis dit que la séduction, c’était aussi se montrer naturelle. Il a décliné, puis s’est éloigné subitement et a rompu la semaine suivante. Je n’ai pas compris.”

Nicolas, 35 ans n’a pas compris ce qui s’est passé avec Léa.

“J’ai rencontré Léa mais nous n’habitions pas dans la même ville. Trois semaines après notre rencontre, coup du destin, on me propose un poste à proximité de son lieu de vie. Je l’appelle immédiatement pour lui en parler, elle réagit de manière assez neutre, en me disant de faire comme bon me semble, qu’il s’agit de mon travail et de ma vie. J’imagine que ça ne lui a pas plu, car peu de temps après, les nouvelles se sont espacées jusqu’à la rupture, à son initiative.”

La séduction, c’est tout un art.

Tantôt décriée et vue comme une manipulation par les adeptes du naturel, tantôt comme un processus normal qui s’applique dans tous les domaines de la vie, y compris lors d’un entretien d’embauche ou d’une négociation avec un commerçant, on ne peut nier qu’en avoir quelques notions peut aider.

Chaque histoire est bien sûr différente. Vous pouvez tomber sur une femme qui a un coup de foudre pour vous et vous propose des vacances à Hawaii sur un coup de tête sans que cela ne vous effraye, comme sur un homme timide, qui luttera pour vous proposer une simple sortie. Mais globalement, si vous n’êtes ni farouche, ni totalement énamouré(e) et que vous fréquentez une personne “normalement”, apprenant à vous connaître au gré de rendez-vous successifs, il y a certaines règles de base à suivre en séduction. 

Alors, comment séduit-on et qu’est-ce que ça signifie ? 

Ne pas trop donner dès le début  

L’erreur que commettent beaucoup de personnes dans la phase de séduction est de tout donner d’un coup, en d’autres termes, d’en faire beaucoup trop dès le début. Or, il vaut mieux y aller crescendo. C’est-à-dire, commencer par proposer un verre ou une activité sympa, puis, si ce moment se passe bien organiser un dîner, puis passer un peu plus de temps ensemble et pourquoi pas, partir en week-end. Chaque action est un petit don de soi qui permet de prendre le temps de se connaître avant de franchir des caps. C’est pourquoi, si vous pressez votre copain / copine en proposant des choses très lourdes de sens dès le début, il est possible que l’autre soit refroidi(e) car vous en aurez trop fait.

Certains donnent tout d’un coup et s’étonnent  ensuite que l’autre finisse par fuir précipitamment. Il faut vraiment penser à avancer à la même vitesse, mutuellement. Par exemple, ne proposez pas un week-end féérique à la personne que vous voyez pour la troisième fois, surtout si vous ne savez pas encore trop ce qu’il / elle pense, ou ne réservez pas un restaurant étoilé à 250 euros par tête pour le deuxième rendez-vous : ce sont des actions trop “engageantes” pour un début de relation. Au bout d’un moment, un schéma donnant-donnant se mettra en place, vous trouverez votre équilibre et passerez naturellement à des étapes supérieures de la relation. 

Aller lentement 

Dans ce monde ultra-connecté et dans lequel le culte de la vitesse règne, on ne peut nier que nous sommes tous pressé(e)s et ivres d’impatience. Toutefois, la séduction, pour que sa magie opère, suppose la lenteur et le mystère. Inutile donc de se précipiter.

Aller lentement suppose de prendre son temps, de franchir les étapes une à une et surtout de ne pas se dévoiler entièrement dès le début. Cela rejoint un peu le premier conseil ci-dessus, finalement. N’utilisez pas toutes vos cartouches d’un coup et ne faites pas trop de folies ! Si la personne que vous côtoyez est la bonne, vous aurez toute la vie devant vous. Inutile de lui proposer d’emménager avec vous au bout d’un mois ou de lui présenter vos potes au bout de 10 jours.

Respirez un coup et ralentissez : l’autre ne va pas se volatiliser dans les airs. De plus, se contenir aussi permet de se délecter davantage. La séduction, c’est un peu comme un plat, pour le savourer, vous le mangez lentement pour en sentir le goût, quand bien même vous avez la dalle. 

Ne pas se montrer acquis(e) et rester catégorique 

Pour séduire, ne vous montrez pas acquis(e) dès le départ ! Dans les faits, cela signifie surtout de ne pas vous oublier pour l’autre. Montrez à la personne que vous tenez à elle, qu’elle vous plaît mais que vous n’êtes pas soudés l’un à l’autre par des chaînes indéfectibles. Ne vous laissez pas entraîner à faire des choses contre votre gré. N’annulez jamais vos plans pour être disponible pour l’autre à tout moment (sauf si vous n’arrivez vraiment pas à trouver un créneau commun).

Quand j’avais 21-22 ans, j’avais tendance à tout faire trop vite : aller dormir chez l’autre le deuxième soir pour lui faire plaisir, me montrer toujours disponible et même annuler mes activités pour passer plus de temps avec lui ! Je faisais ce qu’il voulait en m’oubliant, j’étais malléable à souhait et au final, je m’étonnais de ne plus être valorisée. L’histoire descendait aussi vite qu’elle était montée : l’autre se lassait parce que je ne lui laissais pas le temps d’apprendre à me connaître et de me désirer. Avec le temps, j’ai compris que la séduction, chez les hommes comme chez les femmes, passe par le fait de ne pas dire amen à tout. Grosso modo, ne faites pas de l’autre le centre de votre monde après deux ou trois rendez-vous. 

Surprendre l’autre 

La flamme de l’amour est susceptible de s’éteindre dès lors que le quotidien et la routine se mettent à l’étouffer insidieusement. Evidemment, lorsque cela fait six mois, un an et même des années que vous sortez avec quelqu’un, vous finissez par entrer dans une routine. Mais cette routine peut facilement être déjouée par des surprises de temps en temps et des activités qui sortent du banal trio resto / ciné / Netflix.

N’hésitez pas à proposer une soirée danse à votre amoureux(se) ou futur(e), une séance d’escalade s’il/elle est aventurier(e), un week-end insolite dès lors que tout semble rouler comme sur des rails. Rien de plus agréable pour votre amoureux(se) de sentir que vous avez des choses à lui faire découvrir, une richesse à lui apporter. C’est tout simplement… séduisant.

Personnellement, je me souviens avoir proposé week-end à Etretat à mon copain, que je lui ai fait visiter en long en large en travers. Je peux vous assurer qu’il a été agréablement surpris par mon assurance et ma prise d’initiative et qu’il m’a avouée plus tard avoir été totalement séduit. 

Rester indépendant(e)

Rien de pire que la fusion totale entre deux personnes pour imploser. Regardez à nouveau le logo d’Abricot. Il s’agit de deux cercles oranges, dont un morceau se mêle. Chaque cercle représente la personnalité de l’un et de l’autre et la partie du milieu illustre ce que vous partagez avec votre moitié. Gardez vos activités, votre cercle d’amis, faites des choses sans votre amoureux(se), développez vos passions. Il est primordial d’avoir plusieurs sources de bonheur à portée de main et de ne pas devenir dépendant(e) d’une seule d’entre elles pour éviter le risque de chute si celle-ci disparaît.

Surtout ne laissez pas entendre à l’autre que votre vie et votre bonheur dépendent uniquement et exclusivement de lui/elle. D’une part, il s’agit de la meilleure manière de pressuriser l’autre et de le faire fuir, d’autre part, vous aurez davantage de choses à vous raconter si vous faites certaines activités l’un sans l’autre. Par ailleurs, cela stimulera le manque qui soude le couple.

J’ai été en couple pendant trois ans avec Y. Nous faisions absolument tout ensemble, c’est-à-dire que nous vivions ensemble, pratiquions une activité sportive ensemble et travaillions sur le même lieu (même si l’entreprise comptait plusieurs milliers de personnes donc nous nous croisions rarement). Grosso modo, nous passions trop de temps ensemble, avec un cercle d’amis restreint pour chacun et très peu de soirées, voire aucune, l’un sans l’autre. Je crois bien n’avoir jamais fait un week-end ou des vacances sans lui en trois ans. Devinez donc ce qu’il s’est passé ?

Notre couple a fini par imploser et le quotidien a été très dur puisque je me suis retrouvée seule, désoeuvrée de devoir vivre chaque jour sans lui, pratiquer chaque activité sans lui. Plus jamais ça ! La santé du couple, c’est l’équilibre. 

Ne pas projeter un enjeu trop grand et ne pas pressuriser l’autre 

Je formule plutôt ce conseil à l’égard des femmes, qui sont souvent (mais pas toujours !) les plus susceptibles de projeter un enjeu énorme sur une relation, surtout lorsqu’elles sont un peu malmenées par leur horloge biologique. Je rappelle donc les règles, on ne parle pas de faire un enfant le premier mois, ni de mariage, ni de tout ce qui s’y rapporte. Ceci est contraire à la langueur que suppose la séduction. Les femmes, et moi y compris, ont tendance à fantasmer dès le premier rendez-vous, bien que cela arrive aussi dans le sens inverse (cf. exemple de Nicolas et de Léa, ci-dessus).

Arthur m’a beaucoup plue… Puis, je le verrais tellement bien en papa. Nous vivrions dans une petite maison à la lisière d’une forêt avec nos deux têtes blondes. Il couperait du bois pour la cheminée avec ses bras aux muscles saillants. Et nous adopterons deux golden retrievers. Il faut tout de suite que je vérifie s’il aime les animaux… STOP ! Surtout pas !

Pourquoi imaginer des choses avec quelqu’un qu’on connaît si peu ? Souvent, parce qu’on a peur de se planter en avançant à tâtons dans une direction et d’être déçu(e). Mais c’est le risque de l’amour. 

Voici l’histoire de Pierre, un de mes amis de 33 ans : “J’ai rencontré Laura, qui avait 33 ans aussi. Je n’ai pas eu de coup de foudre mais je voulais apprendre à la connaître car le début de notre histoire s’annonçait prometteur. Au bout d’un mois et demi, je remarque qu’elle me parle souvent d’enfants, de son horloge biologique, qu’elle veut à tout prix des enfants, que ça finira par être trop tard, etc… Pour être honnête, je veux des enfants, mais elle m’a fait flipper, on se connaissait à peine et elle me parlait limite de faire un gosse dans les prochains mois. Comme je n’étais pas à fond non plus, je prenais le temps de la connaître, ça m’a vite fait redescendre et a achevé de me refroidir. J’ai fini par rompre.” 

Alors, je formule ce conseil à l’égard des hommes comme des femmes, pour le début, on reste bien ancré dans l’instant présent et on oublie la maison champêtre et les mômes. On s’assure juste d’avoir à peu près les mêmes valeurs et des aspirations de vie similaires. Tout le reste et notamment la propension d’Arthur/Laurie à être un bon(ne) papa/maman, on le vérifiera plus tard quand on pourra déjà estimer si ça colle ou pas entre nous.

Ne pas se projeter est un exercice difficile, surtout quand on meurt d’envie d’aimer et d’être aimé, mais je peux vous assurer qu’au plus on projette un enjeu, au plus on pressurise l’autre, qui le sent et qui fuit. La meilleure façon de faire des rencontres fructueuses et de séduire, c’est de rester détaché(e). A contrario, être needy, c’est rédhibitoire, que l’on soit un homme ou une femme. 

Les cas de Marjolaine, Marion et Nicolas : que peut-on en déduire ?

Marjolaine a pensé être sympa en étant proactive et en proposant sans cesse de nouvelles activités à Florian. En réalité, elle a été pressante. Elle ne lui a pas laissé le temps de venir vers elle puisqu’elle était tout le temps disponible, disposée et créative. Elle n’aurait surtout pas dû le relancer. Si Florian ne répondait pas ou ne rebondissait pas, c’est qu’il n’en avait pas eu le temps, inutile de le recontacter en se disant être enthousiaste et proactive. L’insistance n’a rien de séduisant. Au contraire, ça lui a probablement donné l’impression qu’elle était “needy”. 

Marion a fait l’erreur de proposer un week-end trop rapidement à Dimitri. Elle aurait pu prendre ce genre d’initiatives, mais il aurait fallu attendre que la relation démarre un peu plus. Il a probablement pris peur car il n’était pas sur la même longueur d’ondes. 

Nicolas est allé beaucoup trop vite et la situation est similaire au cas de Marion. Il a fait un pas énorme alors que Léa ne semblait pas à fond. Avec cette proposition, il a définitivement donné une raison à Léa de se dire qu’ils n’étaient pas du tout sur la même longueur d’ondes et l’a faite fuir. Il aurait dû attendre de voir comment la relation évolue et prendre le temps avant de faire une proposition trop engageante. 

La séduction, finalement c’est comme une danse

Dans le fond, il faut s’assurer d’être sur la même longueur d’ondes que l’autre avant de faire des pas de géants. J’entends, si vous sentez que la fille / l’homme n’est pas à fond, ne lui promettez pas monts et merveilles. Si vous sentez que vous êtes tous les deux totalement accros l’un à l’autre, allez-y. Tout est aussi une question de feeling, de réciprocité, de subtilité. La séduction, c’est exactement comme une danse que vous mèneriez ensemble. L’un emmène l’autre, le tenant fermement par la taille ou le bras, qui suit pas à pas. Le meneur peut changer au gré des envie de chaque partenaire, mais ni l’un, ni l’autre ne doit aller beaucoup plus vite que la musique et traîner l’autre, qui va alors lutter. Tout simplement.

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